Stratégie de Motivation Personnelle

Que signifie prendre soin de soi au quotidien – et surtout, comment s’y prendre – notamment en milieu professionnel ? Vous par exemple, que faites-vous concrètement à l’heure actuelle pour veiller à votre qualité de vie et assurer votre bien-être ? Respecter son écologie personnelle et relationnelle ne va pas de soi : c’est pourquoi il est primordial de se réserver des moments de retour sur soi et de s’interroger sur ce qui nous permet d’être « bien dans nos pompes » !

 

Etre et se sentir motivé est une expérience – ô combien agréable – que nous associons tous à des états intérieurs où dominent l’enthousiasme, l’entrain, le dynamisme. Son symptôme principal n’est autre que la joie. Mais de quoi cette expérience intérieure dépend-elle ? Nous savons que si nous laissons à des circonstances extérieures jugées favorables le soin de déterminer notre motivation ou notre humeur, nous risquons d’être fréquemment déçus, tant il est vrai que les choses se passent rarement comme nous l’avons souhaité.

En réalité, on peut dire que le « centre de gravité » de notre motivation personnelle se trouve en nous et pas ailleurs. Plus concrètement, elle relève de deux éléments essentiels : tout d’abord, du regard que nous portons sur le monde – le nôtre en particulier – et, ensuite, de la prise en charge adéquate de nos besoins. Précisons tout de suite ces éléments car ils sont importants.

 

« Ce qui tourmente les hommes, disait Epictète au premier siècle de notre ère, ce n’est pas la réalité, mais l’opinion qu’ils s’en font ». Grande sagesse : hé oui, la réalité est… ce qu’elle est ! De surcroît, force est de constater qu’elle semble parfois se moquer de mes envies, de mes intérêts ou de mes attentes. Dès lors, si je veux m’éviter de cruelles déceptions, peut-être vaut-il mieux que je m’abstienne de « tirer des plans sur la comète » et que j’accepte les choses pour ce qu’elles sont et telles qu’elles sont ! Mais alors : cela voudrait-il donc dire que ne peux plus avoir d’idéal, de projet ou d’objectifs afin d’éviter toute possible désillusion ? Certes non ! Car il ne s’agit aucunement de faire preuve d’une sorte de résignation morbide face à un Univers considéré comme malveillant à notre égard. Il est bien plutôt question ici d’une forme de « lâcher-prise » quant à l’issue de ce que j’entreprends. Ou encore, d’une absence de crispation face au résultat escompté. Trépigner, râler ou pester parce que le réel ne s’accommode pas de mes envies est assurément un signe de grande immaturité. En outre, opposer de la résistance à ce qui est a, pour seul effet, d’ajouter de la souffrance à la souffrance. En revanche, une fois dépassé le premier mouvement d’irritation intérieure – tout-à-fait compréhensible ! – rien n’empêche que je m’interroge sur les actions à entreprendre pour tenter de remédier, si tant est que cela soit possible, à l’obstacle rencontré. Ce faisant, j’investis consciemment (et dans l’attitude juste qui est celle du détachement), mon périmètre d’influence.

Premier enseignement : considérons la façon dont nous faisons face aux petites – ou grandes ! – contrariétés de la journée ; tentons de pratiquer ce lâcher-prise si libérateur qui nous évitera par ailleurs des « prises de tête » qui nous enfoncent bien souvent dans des marécages émotionnels fort peu agréables…

 

L’autre pilier intérieur de notre motivation personnelle tient à ce que l’on pourrait appeler une satisfaction adéquate de nos divers besoins. En tant qu’êtres humains, nous éprouvons en effet des besoins très variés ; il y a, certes, les besoins physiologiques qui apparaissent comme évidents car notre survie en dépend : manger, boire, dormir, respirer, éliminer… Nous éprouvons en outre des besoins d’ordre psycho-affectifs tels que le besoin de sécurité, de reconnaissance, d’appartenance ou d’autonomie, pour ne citer que ceux-là. Enfin, on pourrait encore évoquer nos besoins d’ordre spirituel, car il faut bien prendre cette dimension en considération. Il est ici question d’une quête de sens, d’harmonie, de valeurs vécues en conscience (telles que la bienveillance, l’empathie, la sollicitude active pour soi et pour autrui) ainsi qu’une recherche d’équilibre intérieur fait de paix et d’une forme de contentement.

Cela étant, il est un axiome de première importance à prendre en compte si nous sommes réellement soucieux de notre écologie personnelle. Cet axiome peut se formuler comme suit : en tant qu’êtres de besoins, notre motivation personnelle passe par une satisfaction adéquate de ceux-ci, que ce soit sur le plan physiologique, psycho-affectif ou spirituel.

Cela suppose, avant tout, que chacun soit en mesure d’identifier les besoins qui lui sont propres. Même si, bien sûr, nous partageons de façon générique les besoins qui relèvent de notre espèce, il n’en reste pas moins que ces besoins ne sont pas ressentis avec la même acuité par tout un chacun : cela tient au fait que chaque personne a une psychodynamique bien à lui, avec ses exigences propres.

Ainsi par exemple, si certains font preuve d’une grande soif d’autonomie, d’autres préfèrent un environnement très cadré, perçu comme protecteur. Là où certains privilégient la dimension affective d’une relation, d’autres apprécient davantage son aspect pragmatique, efficace. Si l’originalité semble la « marque de fabrique » de certains, d’autres rechignent à sortir de ce qui est convenu ou socialement attendu.

D’où cette question essentielle que chacun devrait se poser : quels sont donc mes besoins ?

 

De premiers éléments de réponse apparaissent quand nous identifions les activités de notre quotidien significativement associées à du plaisir ou à une forme de bien-être : celles en tout cas par quoi nous décompressons, nous nous « rechargeons les batteries », élevons notre tonus et notre vitalité. Il est donc très utile d’en faire la liste car elles jouent en quelque sorte le rôle de « prise de terre ». Il ne passerait par la tête de personne – sauf peut-être de grands distraits ! – d’entreprendre un long périple avec son véhicule sans vérifier le niveau de carburant. Hé bien, curieusement, c’est ce que font nombre de personnes qui se soucient bien peu de l’état de leurs réserves d’énergie avant de faire face aux exigences de leur journée ou de leur semaine.

Nouvel enseignement donc : prenons le temps du recul nécessaire pour établir une telle liste. Assurons-nous qu’elle permet la satisfaction des différents types de besoins évoqués (physiologiques, psycho-affectifs et spirituels). Il s’agit parfois de petites choses mais qui peuvent nous faire beaucoup de bien lorsqu’elles sont vécues consciemment : accueillir le sourire de l’enfant ou de l’ami, savourer un bon jus de fruit, prendre plaisir à jouir d’un beau paysage ou d’un morceau de musique que nous apprécions particulièrement, etc. Faisons le point régulièrement, en début, en cours ou en fin de journée. Est-ce trop demander de s’accorder ces quelques minutes de retour sur soi quand on en connaît l’enjeu ?

 

Et puis bien sûr, avant de conclure ce chapitre, rappelons quelques mesures essentielles : une fois les besoins identifiés et notre liste construite, accordons-nous la permission de prendre soin de nous. Trop de personnes culpabilisent à l’idée de se faire du bien comme s’il y avait là quelque chose d’égoïste voire de narcissique. Il n’en est rien ! Et comme le dit la sagesse populaire : « Charité bien ordonnée commence par soi ». Ce n’est pas un appel à un égocentrisme forcené mais une question de bon sens : comment pourrais-je réellement prendre soin d’autrui si je ne suis pas capable de respecter ma propre écologie personnelle ?

Ensuite, il faut passer à l’acte, c’est-à-dire nous réserver du temps pour nous adonner à ces activités qui nous font du bien. Cela, je le signale, car il y a de ci de là quelques champions de la procrastination : ce sont ceux qui trouvent toujours une « bonne mauvaise raison » pour reporter ce qui devrait être fait sans délai. Aussi, je conseille volontiers à ceux-là de prendre rendez-vous avec eux-mêmes et de le noter dans leur agenda !

Enfin, et c’est peut-être là la chose la plus importante, une fois que nous nous accordons ce moment réparateur, cette activité bienfaisante, profitons-en pleinement ! Il serait absurde, à ce moment-là, de nous laisser parasiter par des soucis ou simplement d’avoir l’esprit ailleurs.

 

En d’autres termes, « Carpe diem ! ».

 

Take care,

Philippe BALLAUX

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