Le Burn-Out

« En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. » (H. J. Freudenberger)

Au vu des nombreux changements organisationnels se produisant au sein des entreprises, de nouvelles pathologies professionnelles ont fait leur apparition. Elles résultent principalement des facteurs susceptibles d’avoir un impact sur les conditions de travail du salarié et son bien-être. La plus connue d’entre elles reste le burn-out, malgré une conception assez confuse en raison des nombreuses définitions qui lui ont été attribuées. Faisons le point.

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Le burnout, généralement appelé « syndrome d’épuisement professionnel » en France, a été étudié pour la première fois scientifiquement par Freudenberger, en 1974, et a depuis fait l’objet de nombreuses recherches. Encore aujourd’hui, il est difficile de définir ce concept, puisqu’il n’existe pas de véritable définition opérante ou consensuelle le concernant. Malgré tout, certains auteurs l’ont identifié comme un « état d’esprit durable, négatif et lié au travail affectant des individus « normaux ». Il est d’abord marqué par l’épuisement, accompagné d’anxiété et de tension, d’un sentiment d’amoindrissement de l’efficacité, d’une chute de la motivation et du développement de comportements inadaptés au travail » [1]. Par ailleurs, si on a longtemps pensé que le burn-out ne concernait que les professions aidantes, comme dans le médico-social, nous avons eu l’occasion de constater qu’il était en réalité question d’une pathologie pouvant toucher tous les secteurs d’activité.

Ainsi, le mal-être propre au burn-out et les conséquences qui en découlent sont issus du travail lui-même et de l’environnement dans lequel il s’exerce – et non pas des autres sphères de vie de l’individu. Plus précisément, le burn-out a été décliné en trois dimensions : l’épuisement émotionnel, qui renvoie au manque d’énergie, à une tension dans la réalisation de son travail ; la dépersonnalisation, ou le cynisme, vis-à-vis de son travail et de ses interlocuteurs rencontrés en milieu professionnel ; la réduction du sentiment d’accomplissement personnel au travail, qui se traduit par une diminution de l’estime de soi et la dévalorisation de son travail.

Mais aujourd’hui, les avancées scientifiques permettent d’établir une autre modélisation du burn-out, dépassant les limites de la première. Celle-ci se concentre sur ce qu’est l’épuisement professionnel, et non sur sa façon d’y faire face (comme le cynisme), ou sur l’auto-évaluation qui en découle (le sentiment d’accomplissement personnel), et ce à travers trois nouvelles dimensions : l’épuisement émotionnel, la fatigue physique, et la lassitude cognitive.

En somme, nous pouvons considérer le burn-out comme une « consumation » intérieure de toutes les ressources de l’individu à travers le travail. « En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur » (Freudenberger, 1987[2]).

Mais, quelle que soit la vision que l’on ait du burn-out, il ne reste pas moins nécessaire d’y être vigilant au regard de son impact grandissant au sein des entreprises, et des coûts économiques (colossaux) qu’il induit. Pour cela, il est essentiel de (re)connaître les éléments susceptibles de contribuer à son apparition et sa prégnance, que sont le stress et les violences au travail, eux-mêmes induits par divers facteurs de risques. C’est à ce besoin que se propose de répondre le parcours de formation KEY TO BE, de BEST OF TRAINING : limiter les risques de mal-être et mettre en place des environnements de travail sains, grâce à une connaissance fine et pertinente de ces problématiques.

 

Et si vous souhaitez en savoir davantage sur les causes et les conséquences de ce phénomène : « L’épuisement professionnel : diagnostic, analyse, prévention« , de Zawieja et Guarnieri (2015).

 

 

[1] Schaufeli, W.B., & Enzmann, D. (1998). The Burnout Companion to Study and Practice : A Critical Analysis. London : Taylor & Francis.

[2] Freudenberger, H.J. (1987). L’épuisement professionnel : « la brûlure interne ». France : Gaëtan Morin Éditeur.

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